Sirion

Sirion


« Moi qui suis né ailleurs, puisse cette contrée qui m’a offert une renaissance, perdurer jusqu’à ce que les dieux se meurent… » –Sirion avant sa mort.

Beaucoup de héros ont marqué l’histoire de Cranä. Parmi eux, un silmérian aura marqué le Premier-Âge de la contrée, dès le début du troisième siècle. Sirion fut un des guerriers les plus reconnus de son temps et aujourd’hui encore, son nom résonne dans l’air du temps. Pourtant, rien ne destinait ce jeune guerrier à devenir une légende pour la simple et bonne raison que celui-ci ne naquit pas sur Cranä. Né sur une île nordique de Valyä nommée Eölendyl, ce jeune orphelin grandit par ses propres moyens au milieu des rudes guerriers qui composaient l’île. Fort de corps et d’esprit, l’enfant grandit pour devenir un grand aventurier. La culture de ce peuple était constituée en partie de religions. La plus célèbre d’entre elle était le culte des esprits combatifs, qui ordonnaient aux guerriers de partir en mer pour découvrir d’autres terres. Ce peuple n’avait pas peur de la mort et faire la guerre était un honneur pour eux. Sirion à l’âge de 30 ans partit en mer avec ses camarades, avec une réputation déjà honorable. Robuste et véritable meneur, il avait développé pendant des années son art de guerrier jusqu’à en faire sa marque de fabrique. Après avoir essuyé une tempête furieuse, les aventuriers menés par leur chef débarquèrent sur une contrée qu’ils n’avaient encore jamais vus : Cranä. Ainsi en l’an 322 du Premier-Âge de Cranä, des étrangers amarrèrent leurs bateaux sur les côtes de Spira.

En ce temps, Cranä était en proie à la guerre menée en sens unique par un tyrannique et sanguinaire roi du nom de Agrima. Celui-ci avait envahi toutes les terres de Héra ainsi que de Terra en seulement trois ans. Les compagnons d’Eölendyl arrivèrent par chance sans le savoir sur la seule contrée encore libre à ce moment-là : Spira. Sirion tomba tout de suite amoureux de cette contrée, qui représentait tout ce dont il rêvait depuis des années. L’île où il était né n’était que froid et tempêtes, ce qui l’avait marqué à vie depuis sa tendre enfance solitaire. Le meneur des troupes nommé Avalör ayant pris connaissance de la situation, décida d’envahir la contrée verdoyante. Sirion ne comprenant pas une telle décision et étant profondément touché par la beauté des lieux voulut empêcher cette folie. Il fut condamné à mort par Avalör pour trahison et mutinerie et fut emmené aux bords des hautes côtes de Spira pour y être balancé aux monstres marins. Un des compagnons d’Eölendyl fut ainsi jeté dans les eaux attaché à un rocher, pour avoir pris la parole et avoir voulu empêcher un acte insensé. Alors que Sirion s’enfonçait dans les eaux, une voix retentit et une force inconnue le sortit hors de l’eau. Les troupes virent alors leur ancien camarade, entouré d’une immense et majestueuse femme lumineuse se prénommant Lücian. Celle-ci avait sauvé la vie à Sirion et l’avait choisi en tant qu’hôte, ayant vu en lui une âme pure portant un amour pour Spira. Le jeune guerrier redescendit sur la terre ferme avec l’intention de mettre un terme à tout ce qui le répugnait. Après un âpre combat contre Avalör, Sirion devint le nouveau chef des troupes. En tant que silmérian et hôte, Sirion parcourut Spira pour rallier des hommes et expliquer ses motivations. Le jeune meneur devint vite célèbre et tous ceux capables de se battre rejoignirent sa cause. Algalar reconnut celui-ci comme le libérateur qu’ils attendaient. Les troupes de Sirion repoussèrent pendant des années les troupes d’Agrima, qui n’avait aucun moyen de contrer les hôtes de Spira, ayant lui-même tué tous les hôtes des contrées conquises, ceux-ci n’ayant pas voulu s’allier à lui.

Sirion heureux et de plus en plus reconnu s’installa avec son peuple et ses fidèles dans une contrée située à l’est de Spira, composée de lacs magnifiques et gigantesques qu’il jura de préserver. Il construisit au sein du plus petit des lacs une ville somptueuse : Agharta. Le temps passa, les victoires avec, et vint alors l’amour. Sirion tomba amoureux d’une femme nommée Hildä Deüterys, la légendaire élue porteuse de l’anneau de Diamant, qu’il épousa et avec laquelle il eut deux fils et trois filles. Malheureusement, le bonheur ne dura que quelques années. Les troupes d’Agrima revinrent, bien plus puissantes et menaçantes. Le roi sanguinaire par un odieux stratagème avait réussi à créer des hordes de démons. Les choses se compliquèrent et les hôtes se firent de plus en plus rares parmi la résistance, alors que les hordes sombres affluèrent. Lors d’une ultime bataille aux portes d’Agrima, Sirion, alors âgé de cinquante ans, mena les troupes de la résistance vers la victoire. Malheureusement, lors de son ultime combat face à Agrima, celui-ci fut touché par une criblée de flèches. Hardi et impitoyable, le roi d’Agharta combattit jusqu’au bout son rival, qui fut terrassé après de longs instants. Agrima mort, le roi venu d’ailleurs rendit son dernier souffle dans les bras de l’un de ses fils. Son corps fut ramené à Agharta où il fut incinéré sur un tombeau de pierre au sein du château étincelant, devant des millions de personnes venus des quatre recoins de la contrée. Sirion marqua ainsi un renouveau et libéra Cranä du joug d’Agrima. N’étant pas de Cranä et n’ayant pas de nom au vu de son passé d’enfant orphelin, les habitants de Spira décidèrent de donner à la lignée de Sirion le nom de Vangelis signifiant « libérateur » en vieux silmérian.