Valinor

Valinor


« Ce besoin de m’étendre sur le monde, est-il sans risques pour l’humanité ?  » –Valinor en pleine méditation.

Valinor est une divinité furieuse et flamboyante vivant à Prötée. Rival d’Ëra, il n’a jamais cessé d’étendre son territoire sur la forêt mystique. Mais tout comme cette dernière, il fut un temps où il était bien plus puissant et omnipotent. En effet, Valinor n’est autre que la réincarnation de Zambâr, le dieu du Feu. Éternellement bouillonnant et colérique, le dieu a été un des engrenages annonçant la chute des dieux. Rangé du côté de Palazür et Enuma pendant le conflit l’opposant à Lücian et Lufénia, il déploya toute la puissance qu’il contenait enfouie en lui après des années de frustration générée par le rejet de Néthys, celle qu’il aimait. Trompé – comme tous les autres – par Palazür, sa vie en tant que divinité cosmique prit fin après la mort présumée de Lufénia et l’envoi de Lücian sur Cranä. Face à l’inéluctable, Zambâr se résolut à quitter son enveloppe divine afin de rejoindre la contrée de tous les mystères. Considérant sa résolution comme un suicide, sa seule motivation était tournée vers Néthys, qui avait emprunté le même chemin.

Comme l’exige en temps normal la réincarnation, Zambâr perdit la mémoire en arrivant sur Spira. Très vite à son aise, il fonda son royaume dans la partie la plus obscure de la forêt mystique. Bien que diminué, sa puissance l’éleva rapidement en tant que divinité. Porteur du Feu originel, beaucoup de silmérians comprirent qu’il était Zambâr, mais décidèrent de le renommer, à l’instar des autres dieux réincarnés. C’est ainsi que naquit Valinor, dit « L’excessif ». Portant bien son nom, le dieu développa une inconstance et un excès dignes des plus terribles rois qui aient jamais gouverné les terres de Cranä. Le monde de Valinor ne devint avec les années que mouvement, rêve, illusion, chaleur, irrégularité, fureur et passion. Avec de tels attributs, le culte de Zambâr se tourna vers les rêves et ses interprétations. Incapable de canaliser son intériorité faite d’innombrables géhennes, le faune flamboyant finit par empiéter sur le territoire de la nymphe Ëra. Comme un lent poison insidieux, l’aura du dieu finit par modifier tout ce qu’elle touchait. La plus douce des plantes devint une furie épineuse, la plus bienveillante des dryades une furie pernicieuse et sanguinaire. Ce pouvoir décadent agissant sur les esprits et la matière permit aux silmérians de comprendre que Valinor n’avait aucun but ni ambition. Perdu dans ses rêves sans fin, le dieu était tout comme la flamme : chimérique et hypnotisante. Malgré ce tempérament, on constata au fil des années une certaine accalmie chez le dieu, probablement due à des résurgences mémorielles selon les sages. La raison et la stabilité chez un être aussi dangereux et si inconstant sera t-elle signe de bonne ou mauvaise augure ?